Embrasser le ciel de Tokyo à la bibliothèque Yuinomori

Machiya dans l’arrondissement Arakawa se trouve à la croisée des lignes Chiyoda, le métro, Keisei, le train, et Toden Arakawa, l’un des deux seuls trams existant de Tokyo avec celui de Sétagaya. Est-il nécessaire de préciser que Machiya est un de ces quartiers délicieux hors écrans ignorés des investisseurs et des touristes ? Les perles de Machiya et ses environs sont distribuées dans un quasi-péri-urbain typique somnolant assez moche – ex-quartier prospère qui a perdu son luisant mais conserve quelques petites usines, ateliers et hangards de stockage potentiellement transformables en cafés hipsters. Moche donc, sauf pour le curieux en quête de chaises. Au risque de créer l’affluence si pas la surfréquentation, j’oserais vous recommander d’aller visiter la terrasse du cinquième niveau de la bibliothèque Yuinomori. Derrière un extérieur peu amène mais bien dégagé derrière les oreilles se cache au dernier niveau de l’édifice une terrasse avec chaises et tables. On prétend y bâchoter mais en fait, le regard par beau temps est accaparé par le ciel de Tokyo qui remplit l’écran à 80% du champ visuel. Et pas une tour en vue! (sauf à chercher de côté dont l’incontournable Big Brother Sky Tree…). Debout au bastingage, le curiste en quête de calme humera avec délice le rythme nonchalant des environs avec le tram qui scande à ses passages le tempo ralenti et relaxant qu’il diffuse par sa vélocité proche du pas de course. Les sièges y sont confortables, en plastique, de ceux que l’on pose au jardin. Les aventuriers sauront que comme la volaille rôtie, il est plus d’une façon d’aborder un lieu, par la cuisse, l’aile ou le croupion. La station Machiya va de soi, mais les deux stations du tram les plus proches de Yuinomori – Arakawa Nanachomé et Arakawa Nichomé – constituent des angles d’abordage étranges et singuliers. La bibliothèque est seyante, particulièrement agréable à partir du niveau 3 avec un plaquage de surfaces en bois de très bon goût. Une fois au cinquième étage, soyez indifférent à l’environnement soudain blanc et glauque, digne d’un laboratoire d’analyses médicales. Osez trouver l’une des deux portes coulissantes de la baie vitrée qui forme un L, et aspirez le ciel de Tokyo.

Lionel Dersot – curateur de Où écrire à Tokyo, assis de préférence.

https://ecriretokyo.blogspot.com

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